Je complète ici mes présentations de l'APN compact expert Fujifilm Finepix X10 par un essai de vidéo. Cela ne prétend pas être une œuvre d'art. D'abord, je n'ai pas utilisé de caméra depuis longtemps, mon époque 16 mm est loin. Ensuite, il s'agissait essentiellement de tester l'appareil au tournant d'une journée, c'est à dire dans des conditions d'éclairage de plus en plus difficiles. Je trouve que le X10 s'en sort plutôt bien, même s'il n'est pas meilleur, dans ce domaine, que n'importe quel bon APN produisant de la Full HD.

Les prises de vues (à Paris, le 11 janvier 2012) et le montage suivent le fil des pas. Tout a été fait à main levée. Cela se remarque, d'ailleurs, mais c'est ainsi qu'on doit utiliser un compact. S'il faut s'encombrer d'un pied de plusieurs kilos, autant préférer un reflex. Ce qui ne se voit pas ici, par contre, c'est la qualité de la stabilisation du X10. Sans elle, ce serait pire... La plupart des mouvements indésirables de l'appareil sont neutralisés, et cela se constate à l'écran au moment de la prise de vue. De toute façon, il vaut mieux éviter les panoramiques (j'en ai quand même tenté deux ou trois) et se souvenir de la règle numéro un de l'opérateur : "C'est le sujet qui doit bouger et non la caméra."

Les couleurs sont aussi bien rendues qu'en mode photo, même en basse lumière, et la gamme dynamique reste excellente. Je n'ai éclairci que de très rares plans en post-traitement, sans forcer. L'autofocus, évidemment à réglage continu, est assez réactif, comme on le voit sur la séquence du bateau-mouche. La mise au point manuelle n'est pas proposée, et le commutateur frontal n'a aucune action en vidéo.

L'ergonomie est simple. Peut-être trop. Une fois calé le barillet des modes sur la position vidéo, on accède à quatre réglages seulement, par la touche MENU/OK : la résolution (Full HD, HD et 640, à 30 im/sec, 640 à 70 im/sec, 320 à 120 et 200 im/sec), la détection de sujet (oui/non), le mode AF (continu/centre), la simulation de film (standard et six autres options). La sensibilité est automatique, et il me semble que le lissage, dans certains cas, peut être un peu trop visible. Seule la correction de luminosité reste possible, par la molette dédiée, mais je ne lui ai pas trouvé une grande réactivité. Toute autre commande est inopérante.

On remarque que les réglages à 70, 120 et 200 im/sec, qui produisent un ralenti à la restitution, font dégringoler la résolution dans des proportions importantes. En fait, seul le premier est vraiment utilisable, pour obtenir, par exemple, un panoramique sans sautillement. Les deux autres ne peuvent servir qu'à ralentir à l'extrême un mouvement qu'on veut mettre en valeur. Encore parvient-on au même résultat, sans perte de résolution, avec un bon logiciel de montage. Il suffit d'étirer ou comprimer une séquence, à la souris, sur la ligne de vues (je recommande Magix Vidéo DeLuxe, le plus complet et le plus pratique dans le registre amateur, et de loin).

On peut prendre une photo pendant la prise de vue, en appuyant sur le bouton MENU/OK, mais elle est à la résolution et au format de la vidéo.

Les fichiers sont au format Mov et l'appareil est pourvu d'une prise mini-HDMI.

Trois détails fâcheux, pour finir. D'abord, l'écran de contrôle n'affiche le temps restant que pour la seule séquence en cours, le maximum de 29 minutes étant celui permis par l'informatique. Mais on n'a aucune idée de la place restant sur la carte SD, et il faut revenir en mode photo pour en avoir une évaluation. Ensuite, le zooming par la couronne d'objectif, si pratique en photo, devient malaisé en vidéo, surtout si la bague porte-filtre est en place. Il faut donc une solide habitude pour réaliser des changements de focale fluides. Enfin, si on ne relève aucun bruit d'autofocus ou de zoom sur la bande son, les fins de séquences sont marquées distinctement par le cliquetis du déclencheur, ce qui est désagréable et doit être coupé au montage.

Une remarque annexe, concernant les conditions de prises de vues elles-mêmes. Les Parisiens sont habitués aux photographes et se baissent, font un détour ou s'arrêtent pour ne pas les gêner. Mais la station, en vidéo, peut durer une dizaine de secondes, et on a la surprise de constater combien cela n'entame pas la patience des passants... J'ai même vu un 4x4 s'arrêter, dans une rue étroite du quartier de la Contrescarpe, pour ne pas couper mon cadrage du trottoir d'en face ! Une récente étude internationale sur les grands secteurs commerciaux de la planète répertoriait les Champs-Elysées dans un rang très médiocre pour plusieurs critères objectifs. Sauf pour un seul : la gentillesse et la prévenance des passants, jamais prise en défaut, paraît-il. Et on dira encore que les Parisiens sont des ours !

                                                                                      Logiciels "Magix Vidéo DeLuxe 17 Plus HD" et "Adobe Premiere Elements 10"

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